"COLOMBO (AFP) — Un député sri-lankais d'opposition, représentant la minorité tamoule, a été tué par balle mardi alors qu'il assistait à une cérémonie de Nouvel An dans un temple hindouiste de Colombo, a annoncé un responsable hospitalier.
Il s'agit du troisième parlementaire tamoul assassiné en deux ans.
T. Maheswaran, 41 ans, député du Parti d'union nationale, formation d'opposition, touché de plusieurs balles, est mort des suites de ses blessures.
"Il a reçu plusieurs balles, notamment à la tête", a indiqué Mme Pushpa Soysa, porte-parole de l'hôpital National de Colombo.
Douze autres personnes ont été blessées et hospitalisées. L'un des blessés a par la suite succombé, a ajouté M. Soysa.
Elu de la région de Jaffna, où l'armée lutte contre les rebelles séparatistes tamouls, M. Maheswaran était très critique envers le gouvernement et sa campagne de répression des Tigres tamouls.
L'auteur des coups de feu qui s'était glissé dans la foule des fidèles mardi, a sorti une arme avant de tirer de très près sur M. Maheswaran, a indiqué la police. Un suspect a été arrêté, a indiqué le président sri-lankais Mahinda Rajapakse.
La mort de M. Maheswaran intervient deux semaines après le retrait de la sécurité renforcée dont il bénéficiait, sans que le gouvernement ne fournisse d'explication.
Le secrétaire général du parti de M. Maheswaran, Tissa Attanayake, s'est étonné que ces mesures de sécurité "aient été levées deux semaines plus tôt, alors même que celui-ci avait rappelé que sa vie était en danger".
Certains opposants ont suggéré que l'objectif était de contraindre le parlementaire à être moins virulent envers le gouvernement et sa politique vis-à-vis des Tamouls.
Ayant dénoncé à plusieurs reprises le non respect des droits de l'homme, des meurtres et disparitions dans la région de Jaffna, il avait survécu à une attaque similaire il y a deux ans.
Les personnalités politiques tamoules modérées sont devenues des cibles des Tigres extrémistes mais aussi des partisans de la méthode militaire forte contre les séparatistes. Les rebelles ne tolèrent pas ceux qui parlent en leur nom alors que pour les durs de l'administration, tout responsable politique tamoul est un représentant des Tigres.
L'île du Sri Lanka avec ses 20 millions d'habitants ne parvient pas à mettre fin au plus vieux conflit en cours en Asie, une guerre oubliée où alternent phases de combats et périodes d'accalmie.
Un cessez-le-feu avait bien été conclu en février 2002, sous l'égide de la Norvège. Mais il a volé en éclats depuis l'arrivée au pouvoir fin 2005 du président Mahinda Rajapakse, un nationaliste partisan de la méthode forte contre ceux qu'il qualifie de "terroristes".
Illustrant cette escalade des combats, le ministère de la Défense a annoncé mardi qu'au moins 25 rebelles tamouls avaient été tués dans le nord de l'île depuis lundi.
Les Tigres tamouls, hindouistes, se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est du Sri Lanka, peuplé à 75% de Cinghalais bouddhistes.
Depuis 1972, entre 60.000 et 70.000 personnes ont été tuées dans les violences dont environ 6.000 depuis la fin 2005.
Deux autres députés tamouls ont été assassinés par le passé, Joseph Pararajasingham, tué par balle en décembre 2005 tout comme Nadarajah Raviraj, en novembre 2006. Les deux meurtres n'ont jamais été élucidés." (source AFP)
Ben l'année commence bien...
Jeremie